GTA 6 Leaks Fuel “Vigilante” Scam, Raising Security Concerns for Players

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Grand Theft Auto 6 est de nouveau au centre d’une tempête en ligne, mais cette fois le bruit médiatique ne vient pas d’une annonce officielle. Après une vague de fuites autour du jeu, un groupe qui se présente comme un “justicier” a attisé la curiosité sur les réseaux… tout en alimentant des retombées qui touchent aussi bien l’économie du secteur que la sécurité des joueurs.

Le 18 août, le studio Rockstar Games a été frappé par de nombreuses fuites. L’histoire a rapidement pris une ampleur virale, notamment lorsque les hackers ont montré qu’ils ne disposaient pas seulement d’extraits. Dans une vidéo, le personnage de Jason – présenté comme l’un des héros aux côtés de Lucia – a été utilisé pour inscrire le nom du groupe derrière le “leak”. L’objectif affiché par les pirates était donc clair : démontrer qu’ils avaient plus qu’un simple fragment.

Ces éléments ont aussi clarifié la nature de ce que détenait le groupe. Les fuites sembleraient provenir d’une build de développement de GTA 6, et non de contenus récupérés “au fil de l’eau”. Rockstar Games a réagi très vite en lançant une série de démarches liées au droit d’auteur, visant à contrer la diffusion. La réponse du studio a, en outre, laissé entendre que la version concernée correspondrait à une période antérieure à la date de sortie supposée, avec des estimations évoquant 2024 ou avant.

En parallèle du scandale, l’impact a été financier. Certains joueurs se sont dits déçus par ce qu’ils ont vu, et plusieurs ont annulé des précommandes. Sur le marché, l’éditeur Take-Two Interactive a vu son cours chuter de façon marquée, avec une perte de valorisation estimée à 2 milliards de dollars.

Le groupe derrière les fuites, nommé Cyberleek, revendique une posture de défense des joueurs. Dans un manifeste rendu public, il dénonce notamment des pratiques qu’il juge anti-consommation : des licences vendues comme des achats, des jeux livrés inachevés puis présentés comme des services “évolutifs”, et du contenu verrouillé sur disques rebaptisé DLC. Dans la même logique, Cyberleek s’est positionné comme un acteur de contestation, tout en monétisant la diffusion.

Car derrière la communication, la stratégie ressemble davantage à une opération de profit. Des contenus liés aux fuites auraient inclus un QR code et des liens redirigeant vers le site du groupe. Une partie de l’audience a même été invitée à acheter des memecoins baptisés “$CYBERLEEK” afin d’obtenir, selon la promesse, les prochaines révélations autour de GTA 6. Le premier jour, ce token aurait généré 11,8 millions de dollars de transactions, et des frais de transactions auraient alimenté le dispositif des pirates.

Cette approche a aussi suscité des réactions critiques de la part d’autres mouvements. Stop Killing Games a notamment mis en garde contre l’envoi d’argent à ces acteurs, en rappelant que l’initiative est illégale et que ce type d’action peut nuire aux communautés et réduire les chances de faire évoluer les choses auprès des législateurs.

La diffusion autour de GTA 6 a aussi servi de carburant à des escroqueries indépendantes. Après l’apparition des fuites, des faux comptes seraient venus envahir Discord et X (Twitter) pour propager de fausses rumeurs. Surtout, des “clones” de plateformes réputées auraient été créés pour inciter les internautes à télécharger une prétendue “build jouable” du titre. Le problème, c’est que ces fichiers contiendraient des malwares : ransomwares, chevaux de Troie et logiciels conçus pour voler des informations, notamment bancaires. Dans certains cas, des outils de Rockstar Games auraient été imités pour tromper les victimes.

Les techniques de phishing ont également été documentées. Des centaines de fausses pages de connexion, hébergées sur des services légitimes, auraient tenté de reproduire le Rockstar Social Club. Le but : récupérer des identifiants, prendre le contrôle de comptes actifs, puis revendre ces accès sur le dark web.

Face à ces risques, des acteurs technologiques ont alerté les internautes sur la “fenêtre” que les pirates exploitent : les fans cherchant des fuites ou des contenus supprimés finissent parfois sur des sites inconnus, puis font confiance à ce qu’ils y trouvent. NordVPN a notamment résumé le mécanisme en expliquant que les utilisateurs atterrissent sur des pages non fiables avant d’être piégés.

À ce stade, Rockstar Games n’a pas communiqué publiquement sur l’ensemble de la situation. La chronologie reste toutefois serrée : selon le calendrier évoqué, la fuite intervient moins d’une semaine avant un “extended look” annoncé pour Netflix, puis déployé sur d’autres plateformes quelques heures plus tard.